Notes

Todoist vs Historis : des tâches aux gens

Todoist suit vos tâches ; il ignore qui les a demandées. Historis relie chaque tâche à une personne et à son historique. Comparatif fonction par fonction.

Ouvrez Todoist et ajoutez « appeler le fournisseur au sujet de la commande en retard ». C'est une bonne tâche : claire, échéance jeudi, étiquetée @courses. Mais qui est le fournisseur ? Todoist l'ignore. Le nom est dans le texte de la tâche, une simple chaîne de caractères, et quand la commande finit par arriver, cette tâche est cochée puis disparaît, emportant avec elle la seule trace de l'échange. Todoist suit ce que vous avez à faire. Historis suit les gens pour qui vous le faites, et garde l'historique une fois la tâche terminée.

Ceci est un comparatif factuel, fonction par fonction, pas un procès. Les deux applications se recouvrent moins que la catégorie ne le laisse croire, et sur une bonne part de ce recouvrement, Todoist l'emporte nettement.

Ce que Todoist réussit

Comme gestionnaire de tâches, Todoist est proche de ce qui se fait de mieux. La saisie en langage naturel transforme « payer le loyer tous les 1ers » en tâche récurrente sans formulaire. Les projets et sous-tâches organisent une semaine ; les filtres découpent le travail par étiquette, date ou priorité ; la synchro fonctionne sur chaque appareil sans accroc et reste rapide. Pour une liste de tâches personnelle (courses, corvées, pile de lectures, votre propre administratif), Historis ne cherche pas à le remplacer, et cet article ne va pas prétendre le contraire. Leurs chemins ne se séparent que lorsque le travail cesse de porter sur vos tâches et se met à porter sur d'autres personnes.

Une tâche retient le quoi, pas le qui

Historis est bâti autour d'une autre unité. Là où Todoist stocke une tâche, Historis stocke un événement, une note datée de ce qui s'est passé avec quelqu'un : un appel reçu, une réparation déposée, un devis envoyé. Chaque événement est lié à une personne, et chaque personne possède une timeline où se suivent, dans l'ordre et au même endroit, tous les échanges que vous et votre équipe avez consignés.

Cette différence est invisible le premier jour et décisive au bout de trois mois. Dans Todoist, « appeler le fournisseur » cette semaine et « relancer la facture du fournisseur » le mois prochain sont deux lignes sans rapport. Le lien qui les relie, même fournisseur et même relation continue, ne vit que dans votre tête. Dans Historis, les deux événements sont accrochés à la fiche du fournisseur : l'ouvrir montre tout le fil. Quand un client appelle un magasin de musique et demande « où en est ma guitare ? », la réponse tient sur un seul écran, de l'acompte aux pièces commandées, jusqu'à l'appel que vous aviez promis de rendre. Plus besoin de fouiller votre mémoire parmi des tâches cochées puis rangées.

Fonction par fonction

DimensionTodoistHistoris
Unité de baseUne tâcheUn événement lié à une personne
Contacts / personnesAucun : un nom est du texte dans une tâcheFiches à part entière, identifiées par leur e-mail
Historique clientPerdu quand la tâche est cochéeUne timeline permanente par personne
Conçu pourQuiconque a une liste de tâchesUn travail qui tourne autour des clients
Modèle d'équipeProjets partagésVisibilité organisation / équipe / privé par fiche
Accès IA (MCP)Ajouter et cocher des tâchesLire et écrire les gens + l'historique, de façon traçable
AutomatisationsTâches récurrentes, filtresRègles en markdown qu'un agent consulte

Le tableau n'est pas arrangé pour flatter Historis. Les deux premières lignes se lisent dans l'autre sens ; sur la gestion de tâches pure, Todoist est plus abouti et plus souple. Les lignes du bas sont celles qu'un gestionnaire de tâches laisse vides par conception, parce qu'une personne et un historique n'ont jamais fait partie de son modèle.

Deux serveurs MCP, deux profondeurs

Todoist et Historis parlent désormais MCP, le protocole qui permet à un assistant IA comme Claude de les utiliser directement ; le comparatif porte donc sur ce qui existe aujourd'hui. La différence est la profondeur. Côté Todoist, le serveur MCP laisse un agent ajouter une tâche, lister celles ouvertes, en cocher une. Utile, et borné par ce qu'est Todoist.

Le serveur MCP d'Historis expose la fiche client elle-même. Un agent peut consigner un événement sur la bonne personne, chercher dans l'historique, retrouver de qui parle un message imprécis, lire les règles fixées par votre organisation, et y écrire. Et parce que chaque écriture d'IA est déterministe et attribuée, vous voyez exactement ce qu'il a fait : marqué, journalisé, réversible. Un serveur MCP coche vos tâches ; l'autre donne à votre IA une mémoire de votre activité.

Faut-il les deux ?

Souvent, oui, parce qu'ils répondent à des questions différentes. « Qu'ai-je à faire aujourd'hui ? » est la question de Todoist, et il y répond bien. « Qui est ce client et qu'avons-nous fait pour lui ? » est celle d'Historis, et aucun gestionnaire de tâches n'y répond, parce qu'une liste de tâches n'est pas une mémoire. Un indépendant peut garder un Todoist personnel pour l'administratif et les courses, et se tourner vers Historis dès qu'une tâche concerne un client : l'appel à rendre, le devis à relancer, la réparation à signaler. La ligne de partage passe entre les tâches et les personnes, pas entre deux applications de productivité.

Pourquoi ça compte

Une tâche cochée est une petite suppression. C'est le bon comportement pour « acheter du lait » et le mauvais pour « la conversation avec un client à qui vous reparlerez ». Si votre gagne-pain repose sur la mémoire de ce que les gens ont acheté, de ce qu'ils ont demandé et de ce que vous avez promis, la tâche n'est que la moitié de la trace, et Todoist garde la moitié qui expire. Historis garde la moitié qui s'accumule, une timeline par client qu'une IA peut lire et alimenter. Réservez Todoist à votre liste de tâches. Vos clients, eux, ont leur place dans Historis.

À lire aussi : pourquoi les événements l'emportent sur les tâches pour le travail client, et comment donner à votre IA une mémoire dans laquelle elle peut écrire.

Questions fréquentes

Historis remplace-t-il Todoist ?
Pas pour une liste de tâches personnelle. Pour les courses, les corvées et l'administratif, Todoist est excellent et Historis ne cherche pas à le détrôner. Historis remplace le bricolage sur lequel on se rabat quand les tâches concernent des clients : la tâche dont le vrai sujet est une personne, dont l'historique doit vivre quelque part une fois la tâche faite. Si votre travail tourne autour des gens que vous servez, Historis est le meilleur endroit pour ça ; s'il s'agit de vos propres courses, gardez Todoist.
Todoist suit-il les contacts ou l'historique client ?
Non. Todoist n'a pas d'entité contact ou personne : le nom d'un client vit à l'intérieur d'une tâche, en texte brut. Vous pouvez écrire « appeler Marie au sujet de la guitare », mais « Marie » est une chaîne de caractères, pas une fiche. Aucune page ne réunit tout ce que vous avez fait avec Marie, et quand la tâche est terminée la note disparaît avec elle. Historis fait de la personne la fiche et de la tâche un événement dans sa timeline, donc l'historique reste.
Les deux ont un serveur MCP : quelle différence ?
Le serveur MCP de Todoist laisse un agent IA gérer des tâches : en ajouter une, les lister, en cocher une. Le serveur MCP d'Historis expose la fiche client elle-même : un agent peut consigner un événement sur la bonne personne, chercher dans l'historique, lire les règles de votre organisation et y écrire. Chaque écriture d'une IA porte une marque et se retrouve dans le journal, ce qui permet de l'annuler au besoin. L'un laisse un assistant cocher vos tâches et l'autre lui donne une mémoire de votre activité.
Puis-je utiliser Todoist et Historis ensemble ?
Oui, et beaucoup devraient, parce qu'ils répondent à des questions différentes. Todoist répond à « qu'ai-je à faire aujourd'hui ? » ; Historis répond à « qui est ce client et qu'avons-nous fait pour lui ? ». Un partage courant consiste à garder un Todoist personnel pour les courses et la paperasse, et à passer sur Historis sitôt qu'une tâche touche un client : rappeler quelqu'un comme promis, relancer une facture, donner des nouvelles d'une réparation.

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